25 août 2014

EN PRESENCE DE Mme MARIE LE VERN Conseiller Général de Blangy représentant la Députée Sandrine HUREL, de Michel FOUQUET Conseiller Général et Vice Président du Département, Mr MARTEL Maire de Croixdalle et de Mr DUPUIS Président des Anciens Combattants la commémoration pour le 70ème anniversaire de la tragédie de Croixdalle se passa sous une pluie insistante.

 

23 porte-drapeaux étaient présents.

 

A l’issue de cette commémoration aux stèles et au monument, l’assistance se rendit à l’exposition sur la Résistance dans la région et plus particulièrement à propos de Croixdalle. L’exposition était organisée par le Comité des Associations Patriotiques du Pays Neufchâtelois présidé par Emile VITTECOQ. Il y eu peu d’intérêt de la part de population durant ces trois jours d’exposition. Ce fut une grande déception pour le Président.

  

Il est important de se souvenir eût égard à ce qui se passe dans le monde.

Croixdalle 25 août 2013

Merci aux 24 porte-drapeaux pour leur fidélité à notre rendez-vous du 25 août.

Merci aussi à Monsieur le Maire pour l'entretien des lieux (stèles, trou de bombe).

 

 

25 août 2012

A la stèle de Gaston CORDIER et Pierre DUBOIS, le Président du C.A.P.P.N., Emile VITTECOQ, lit son allocution :

 

En nous recueillant pour le 68ème anniversaire de l'exécution sommaire de Georges FIX, Gaston CORDIER et Pierre DUBOIS, dans la région

- le 17 août à BOUTTENCOURT, deux résistants étaient fusillés,

- le même jour à LIOMER trois hommes étaient massacrés,

- le 18 août l'Abbé PETIT de SAINT VICTOR L'ABBAYE était arrêté alors qu'il hébergeait au presbytère deux aviateurs,

- le lendemain 19 août, c'était mon frère André VITTECOQ et Marcel LHERNAULT qui étaient arrêtés en compagnie d'un aviateur qui venait de toucher le sol Français.

Ils assommèrent la sentinelle sur le chemin qui les conduisait à la Kommandantur. Cette affaire fut suivie d'arrestations sans issue fatale. (voir l'onglet souvenir).

 

Le 21 août 1944 ce sont trois arrestations qui eurent lieu, P.Dubois, R.Aoustin, G.Cordier puis le 25 août deux arrestations, G.Fix-Roissard et L.Cordier, frère de Gaston. Ces deux derniers furent prisonniers devant l'auberge de la maison rouge à Rouxmesnil Bouteilles. Emmenés à la Kommandantur de Dieppe, Georges FIX et Léon CORDIER, y furent torturés à coups de cravache et condamnés à mort. Alors qu'ils étaient reconduits à BAILLEUL NEUVILLE pour y être exécutés, leur voiture fut mitraillée par un avion à OSMOY-SAINT-VALERY. Arrivés à destination, ils furent enfermés dans un réduit. On vint chercher Georges FIX. Son corps devait être retrouvé avec ceux de Gaston CORDIER et Pierre DUBOIS.

 

Pourquoi Léon CORDIER et René AOUSTIN ont-ils eu la vie sauve ?

Les Allemands et les miliciens espéraient-ils, grâce à eux, remonter la filière ?

 

Toujours est-il que les deux résistants sont contraints de suivre leurs bourreaux. Ils les emmènent dans leur retraite, à bord d'un camion, le mercredi 30 août. Ils traversent Aumale lorsqu'ils doivent s'arrêter pour une crevaison. Le milicien qui les garde, celui qui a abattu les autres résistants, parle avec un Allemand. Celui-ci lui conseille de les relâcher. C'est avec la bicyclette, qui se trouvait dans le camion, qu'ils purent regagner, le 31 août, leurs foyers (René AOUSTIN chez lui et Léon CORDIER chez sa mère à Meulers).

 

Je me rappelle l'effervescence des troupes d'occupation battant en retraite et les nazis contraints, malgré eux, n'acceptant pas la défaite, faisant payer de leur vie, tous les résistants considérés comme des terroristes.

 

Léon CORDIER s'engage à la libération au 6ème Bataillon de Marche de Normandie où il rencontre mes deux frères Augustin et André, engagés également, cantonnant à Ecorcheboeuf. C'es au travers d'eux que je t'ai connu Léon. André nous a laissé le 18 novembre 2011 et toi Léon le 27 janvier de cette année. Tu es lié à cette tragédie. C'est la fin de cette époque mais tu fait partie du devoir de mémoire, et, j'aurai une pensée pour toi à chaque rassemblement.

25 août 2011

Dépose de la gerbe par le Président Jean LARSON des Anciens d'Ecorcheboeuf avec Colette MAQUIN Secrétaire du C.A.P.P.N. et nièce de Gaston CORDIER.

25 août 2009

Vous avez été sensibles à l’hommage rendu par notre Secrétaire Colette MAQUIN à son oncle, Gaston CORDIER, lors de la commémoration de Croixdalle, au trou de bombe.

 

Voici le texte :

 

« A mon Oncle Gaston

 

Mon Oncle je suis née 7 ans après les évènements qui nous amènent, en ce jour du 25 août 2009, à vous rendre hommage ainsi qu’à vos deux compagnons Pierre Dubois et Georges Fix-Roissard.

En regardant l’âge des hommes enterrés dans les cimetières militaires et regardant mon fils au même âge j’ai pris conscience combien il est important de garder en mémoire le sacrifice de vos vies.

 

Je retrace vos derniers jours (informations prises dans le livre « L’enfer des V1 en Seine Maritime durant la seconde guerre mondiale) et le recueil témoignage recueilli par François FOUQUET, en 2006, auprès de mon père Léon CORDIER, votre frère.

 

LUNDI 21 AOUT 1944

Vous étiez trois Membres du groupe de FFI de Gaillefontaine et aviez décidé de partir pour Rouxmesnil-Bouteilles. Des armes au Manoir d’Arquenouville (actuelle mairie) vous avaient été annoncées.

 

Pierre DUBOIS, 21 ans, de Paris, cousin du dieppois Léon Leclercq le chef du réseau

 

René AOUSTIN 16 ans, résidant à l’un des passages à niveau de la ligne Neufchâtel-Dieppe

 

Gaston CORDIER, 24 ans, originaire de Meulers, réfractaire au S.T.O.. caché sous un faux nom dans la ferme de Raoul SELLIER de Beaussault dans laquelle vous vous faisiez passer pour un ouvrier agricole.

 

Pour effectuer ce déplacement, vous empruntez la voiture du Dr MAIREY, Vétérinaire à Forges.

Au manoir, les armes se révèlent sans intérêt.

Au retour, face à la ballastière d’Arques-Sainrt-Aubin-le-Cauf, vous croisez un habitant de Meulers et vous arrêtez pour lui parler.

A cet instant, deux feldgendarmes de Saint Vaas-d’Equiqueville interviennent. Un pneu de leur voiture ayant crevé ils se sont arrêtés.

Vous trois, Pierre, René et Gaston êtes interpellés. Ils vous emmènent à la feldgendarmerie de St Vaast et vous interrogent et torturent toute la nuit.

 

MARDI ET MERCREDI 23 AOUT 1944

 Les interrogatoires musclés n’ont rien donné. Tous les trois êtes emmenés pour une confrontation dans un café situé rue de l’Epée à Dieppe. Vos bourreaux veulent des renseignements concernant « la tête » du Réseau.

Le 23 au soir, vous êtes transportés au Château de Bailleul-Neuville, réquisitionné par l’état-major Allemand depuis 1942 et fréquenté par quelques miliciens en provenance d’Argentan dans l’Orne : Paul LAHAYE, JARDIN, BOURGANEUF…

Dans ce château, Pierre, René et Gaston êtes de nouveau torturés.

 

JEUDI 24 AOUT 1944

N’ayant pas « parlé », Gaston et Pierre vous serez exécutés dans le bois de Croixdalle par LAHAYE et JARDIN ;

Juste avant, les deux miliciens ont joué à pile ou face afin de désigner qui de Gaston ou de Pierre serait abattu le premier. LAHAYE se « charge » de vous mon oncle et JARDIN de Pierre ;

 

VENDREDI 25 AOUT 1944

Georges Fix-Roissard, 40 ans, travaillant et habitant Dieppe,

Léon CORDIER, 20 ans, votre frère et mon père, se cache depuis quelques mois dans le moulin de Clais, transformé en scierie par son propriétaire Louis BELIER (connu comme étant « l’homme à la grande barbe » . En effet, Léon est recherché par les Allemands, pour avoir fait dérailler un train le 1er mai 1944 lorsqu’il était employé à la S.N.C.F. en gare de Nantes-Blottereau.

 

Donc ces deux autres membres du groupe F.F.I., inquiets de ne pas avoir de vos nouvelles, partent à bicyclette en direction d’Arques , en longeant la Béthune.

Un petit kilomètre avant d’arriver à l’Auberge de la Maison Rouge (depuis Auberge des Amis), Léon croit apercevoir René AOUSTIN changeant la roue d’une Peugeot 202 noire.

Arrivés à la hauteur de la voiture, nos deux cyclistes constatent que ce sont des miliciens à l’affût. Ces derniers, après les avoir fait chuter de leurs bicyclettes, les ligotent.

Emmenés à la Kommandantur de Dieppe, Georges et Léon sont torturés et condamnés à mort. Alors qu’ils étaient reconduits à Bailleul-Neuville pour y être exécutés, leur voiture fut mitraillée par un avion à Osmoy-Saint-Valéry ; arrivés à destination, ils sont de nouveau torturés « sans succès ».

Rapidement on vient chercher Georges FIX, Léon étant laissé pour mort sur la table de torture.

Dans une autre clairière du bois de Croixdalle, Georges FIX est abattu à son tour, deux jours après ses camarades Gaston et Pierre.

LUNDI 28 AOUT 1944

Le chef du groupe, Léon LECLERCQ (cousin de Pierre DUBOIS) est un enseignant dieppois.

Il réussit à se soustraire à la surveillance qui s’est installée autour de son domicile de Gaillefontaine. Il part à pied pour Dieppe en passant par le bois de Croixdalle, ignorant bien évidemment la présence en ce lieu des corps de ses camarades.

 

MERCREDI 30 AOUT 1944

Pourquoi Léon Cordier et René Aoustin ont-ils eu la vie sauve ? Les Allemands et les miliciens espéraient-ils grâce à eux remonter la filière et mettre la main sur d’autres résistants ?

Toujours est-il que les deux hommes sont contraints de suivre leurs bourreaux qui les emmènent dans leur retraite à bord d’un camion qu’ils ont volé chez un transporteur de Dieppe. Il traversent Aumale lorsque le chauffeur du camion est contraint de s’arrêter dans un garage du centre ville pour faire réparer une crevaison.

Le milicien LAHAYE qui les garde étroitement parle avec un soldat allemand.

Milicien + militaire de la Wermartch, nos deux Résistants ne pressentent rien de bon. Comme de fait, le soldat Allemand vient les sermonner et donne l’impression d’être très en colère.

En fait, cet Allemand était un Alsacien enrôlé de force dans l’armée allemande. Il intime l’ordre au milicien de relâcher Léon et René.

Dans le camion se trouve la bicyclette de Georges FIX, Nos deux Résistants Léon et René, s’en saisissent et quittent Aumale le plus vite possible, avant que LAHAYE ne réagisse !

A deux sur une bicyclette, ce n’est certes pas facile ! peu importe ! Ils se relaient pour pédaler.

 

JEUDI 31 AOUT 1944

Nos deux fugitifs poursuivent ainsi leur route jusqu’à Beaussault et se séparent : René AOUSTIN rentre chez lui avec la bicyclette pendant que Léon CORDIER prend, à pied, la direction de la maison de sa mère à Meulers.

 

VENDREDI 1er SEPTEMBRE 1944

Les Canadiens libèrent le pays de Bray.

Le groupe de F.F.I. du Moulin de Clais fait 31 prisonniers qui sont envoyés au Château de Mesnières-en-Bray pour être remis aux Canadiens.

Une vingtaine de jours après le drame, les corps des trois martyrs, Gaston, Pierre et Georges, sont découverts par le cantonnier de Croixdalle.

Le milicien LAHAYE, sera condamné à mort en février 1947 par la cour de justice du Calvados à Caen. Au cours de ce jugement, Léon CORDIER sera appelé à témoigner.

   

Je remercie toutes les personnes présentes et tout particulièrement les porte-drapeaux. »

 

Article dans la Charte n° 6 de Novembre-Décembre 2009

GR 65

ANCIENS D'ECORCHEBOEUF, ENGAGES VOLONTAIRES F.F.I. AU 6ème BATAILLON DE MARCHE DE NORMANDIE

1ère COMPAGNIE

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Président : M.Jean Larson

Adresse : Mairie - 76890 Biville-la-Baignarde

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La tragédie de Croixdalle

Fin août 1944, alors que les troupes anglaises et canadiennes arrivent en Haute-Normandie, deux fanatiques, français mais ayant opté pour la politique de l'occupant, vont troubler la sérénité de la forêt de Croixdalle, attaquant 3 jeunes F.F.I. de Libération-Nord en mission pour récupérer des armes. Ayant été martyrisés, ils seront retrouvés sans vie dans la forêt ; un cratère géant provoqué par la chute d'une bombe servant de cercueil pour deux d'entre eux.

Deux stèles seront édifiées, la première par la famille de l'une des victimes, la seconde en 1990 à l'initiative de notre association, grâce au talent de graveur de l'un de nos camarades.

Pour ce 65ème anniversaire, 32 drapeaux, des personnalités et de nombreux combattants de la région étaient présents. Durant la cérémonie, Mme Colette Maquin a rappelé le déroulement de cette horreur.

Cette réunion a été marquée par des dépôts de gerbes suivie de la Marseillaise et le Chant des Partisans, puis un recueillement autour du trou de bombe avec l'appel des morts au monument de la commune. Le maire de Croixdalle a rappelé la nécessité de susciter auprès des jeunes générations la volonté de continuer ce devoir de mémoire.

Le Président

Jean Larson 

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